Chambre Commerciale de la Cour de Cassation, 7 janvier 2026, n° de pourvoi 23-22.723 et 24-13.163
Par deux arrĂȘts de la chambre commerciale rendus le 7 janvier 22026 , la Cour de cassation sâest prononcĂ©e sur la responsabilitĂ© de la plate-forme Airbnb en matiĂšre de sous-location illicite.
La Cour de cassation considĂšre que Airbnb nâa pas la qualitĂ© dâhĂ©bergeur Internet dans la mesure oĂč elle joue un rĂŽle actif Ă lâĂ©gard des utilisateurs en permettant dâavoir connaissance des offres et de les contrĂŽler.
DĂšs lors, elle ne peut bĂ©nĂ©ficier dâune exonĂ©ration de responsabilitĂ© accordĂ©e aux hĂ©bergeurs et peut ĂȘtre tenue responsable en cas de sous-location illicite.
Dans la premiĂšre affaire, un bailleur HLM a attaquĂ© son locataire qui recourait Ă la sous location ainsi que la plateforme Airbnb qui mettait en relation « lâhĂŽte » et les « voyageurs ».
Si le locataire HLM a logiquement Ă©tĂ© condamnĂ© par la Cour dâAppel au visa de lâarticle 8 de la loi du 6 juillet 1989, la sociĂ©tĂ© Airbnb sâĂ©tait fait reconnaĂźtre le statut dâhĂ©bergeur internet.
Par consĂ©quent, lâhĂ©bergeur ne peut ĂȘtre reconnu responsable des contenus et informations publiĂ©s par les utilisateurs sur sa propre plateforme nâayant pas eu connaissance du caractĂšre illicite du contenu.
En lâespĂšce, la Cour de Cassation a cassĂ© lâarrĂȘt de la Cour dââappel en considĂ©rant que la sociĂ©tĂ© Airbnb nâest pas simple hĂ©bergeur puisquâelle consulte nĂ©cessairement les offres , quâelle impose et contrĂŽle les rĂšgles entre lâhĂŽte et le voyageur, et quâelle met en avant les offres en attribuant la qualitĂ© de « Super host » Ă certains loueurs.
Airbnb jouant un rĂŽle actif sur les offres et leurs contrĂŽles ne peut donc bĂ©nĂ©ficier de lâexonĂ©ration de responsabilitĂ© accordĂ©e aux hĂ©bergeurs internet.
Quelles seront les consĂ©quences de ces arrĂȘts sur les droits des bailleurs ?
Si les bailleurs se rendent compte que leur patrimoine se trouve mis en location sur les diffĂ©rentes plateformes telles que Airbnb, le Bon coin, etc⊠il serait avantageux pour eux dâagir Ă la fois contre le locataire afin de percevoir lâintĂ©gralitĂ© des sous loyers, mais aussi contre les plateformes en responsabilitĂ© civile afin de percevoir des dommages et intĂ©rĂȘts au titre des prĂ©judices subis.
Il est probable que dans les prochains mois, les CGU de ces plateformes changent et imposent dĂ©sormais aux « hĂŽtes » de justifier dâune autorisation pour procĂ©der Ă la location « Airbnb » (titre de propriĂ©tĂ©, accord de la copropriĂ©tĂ©, accord du bailleur, âŠ)
Gary BOUKRIS
Juriste en droit immobilier